En séance

Ce que j'observe en séance, dans la manière de prendre la parole.

Des situations rencontrées en accompagnement et tirées de plus de vingt ans d'expérience professionnelle, autour de la prise de parole, de la place que l'on tient dans une équipe et des décisions difficiles. Elles sont rapportées sans éléments permettant d'identifier les personnes. D'autres textes sont à retrouver sur LinkedIn.

Angle d'un bâtiment de verre et d'acier vu d'en dessous, sous un ciel bleu

Les sujets que j'aborde, de la prise de parole au management

Ces textes partent de situations rencontrées en séance et de ma quinzaine d'années en vente, relation client et management. Elles parlent de la prise de parole devant un comité ou en réunion, de la manière de tenir sa place dans une équipe, des décisions difficiles qu'un dirigeant porte seul et de la sérénité au travail.

Chaque sujet correspond à un accompagnement individuel que je propose à Montpellier et en visioconférence, en France comme à l'étranger, qu'il s'agisse de la prise de parole, de la gestion d'équipe, de la transition professionnelle ou de l'accompagnement des dirigeants. Si l'un de ces textes fait écho à votre situation, vous pouvez en parler directement avec moi.

Portrait d'un homme au pull bleu marine, assis dans un restaurant aux lumières chaudes

Il est 8h15, je suis déjà à mon poste.
J'aime arriver tôt, ça me laisse le temps de consulter mes mails, de préparer ma journée et surtout d'aller prendre un café avec mon responsable.

On rigole, on se taquine, il me raconte une anecdote du week-end, je lui parle de mes objectifs de la semaine.
La relation est simple, naturelle, elle s'est construite avec les mois et les années.
On n'est pas amis mais il y a une vraie complicité.

La réunion d'équipe commence à 9h00.

Mon responsable entre dans la salle et je ne le reconnais plus.
La voix chaleureuse a disparu et le sourire complice aussi par la même occasion.
Celui qui partageait de superbes idées avec légèreté il y a quelques minutes est devenu froid et strict devant nous.

C'est le même homme, le même bureau, les mêmes personnes, mais quelque chose a changé entre le couloir et la salle de réunion.

J'ai vu cette scène se répéter pendant des années dans plusieurs entreprises. Des responsables brillants en face à face, hommes et femmes, qui devenaient méconnaissables dès qu'ils ou elles prenaient la parole devant leur équipe.

Le problème ce n'est jamais le contenu du discours ni le manque de compétence. Le problème c'est ce décalage entre la personne réelle et le rôle qu'elle s'impose dès que les regards se posent sur elle.

Si vous vous reconnaissez dans cette scène, si vous sentez que vous n'êtes plus la même personne au café et en réunion, contactez-moi.

Illustration en deux parties. À gauche, un homme en costume crie au téléphone, en sueur. À droite, une personne épuisée tient le combiné éloigné de son oreille. Texte de l'image, Parler vite ne veut pas dire parler bien.

Mon responsable m'a tendu un casque et m'a dit de m'écouter.
Ce que j'ai entendu m'a glacé le sang.

Au début de ma carrière, j'étais commercial sédentaire, mon boulot c'était de faire naître le désir au téléphone, de donner envie au prospect d'en savoir plus et de signer.
D'après mes responsables, j'avais une jolie voix oui mais c'était loin de suffire.

Au tout début, j'y allais doucement, avec la peur de dire une bêtise mais plus le temps passait et plus je parlais vite.
Je récitais ma leçon sans jamais laisser le moindre silence, sans jamais laisser l'occasion à mon interlocuteur de s'exprimer.
Alors oui je parlais, mais il n'y avait aucun échange, aucun dialogue au final.

Un jour, un responsable m'a fait écouter un enregistrement de moi avec un prospect. Je n'avais pas conscience de la vitesse à laquelle je parlais ni du fait que je ne laissais aucune place à l'autre.

Ce jour-là, j'ai compris que le rythme de la parole et les silences avaient un véritable poids dans la relation avec l'autre et le jour où j'ai ralenti, j'ai commencé à vraiment performer.

Chaque personne a sa propre manière de se bloquer face aux autres, le débit qui s'emballe, l'effacement total, la préparation obsessionnelle mot à mot ou l'évitement des sujets difficiles devant un groupe.

Les raisons sont toujours différentes et c'est pour ça que mon métier ne se résume pas à une technique. C'est un travail de compréhension profonde de ce qui se joue dans l'esprit de la personne, pour l'amener à se poser les bonnes questions et s'ouvrir à des perspectives qu'elle ne voyait plus.

Et vous, quand vous prenez la parole, est-ce que vous parlez pour dire ce que vous pensez vraiment ou pour que ça se passe bien ?

"Je préfère ne pas en parler en réunion, je verrai directement avec lui."
Tout le monde laisse passer cette phrase parce qu'elle a l'air logique, même raisonnable.

Pourquoi encombrer une réunion avec un sujet qu'on peut régler en face à face ?

Sauf que quand quelqu'un la prononce régulièrement, ce n'est plus de l'organisation, c'est de l'évitement.

Derrière cette phrase, il y a souvent quelqu'un qui doute de ses propres mots, qui a peur de mal formuler les choses devant tout le monde et qui préfère se protéger en réglant les sujets difficiles loin des regards.

Récemment, une personne m'a dit quelque chose qui ressemblait à ça. Elle m'a expliqué qu'il y a quelques mois encore, elle arrivait à dire les choses en réunion sans y réfléchir à 2 fois mais que petit à petit, sans qu'elle comprenne pourquoi, c'était devenu difficile. Les responsabilités n'avaient pas changé et la pression non plus, mais quelque chose en elle avait bougé.

Je lui ai posé une question simple, pensez-vous que c'est le job en lui-même qui est devenu un frein ou c'est l'idée que vous vous en faites ?

Il y a eu un long silence et ce silence, c'est le point de départ, pas la destination. C'est à partir de là qu'on commence un vrai travail de fond, comprendre quels schémas de pensée se sont installés, à quel moment la personne a commencé à se raconter une histoire sur elle-même qui l'éloigne de ce qu'elle est capable de faire, et reconstruire avec elle une manière d'être présente face aux autres qui lui ressemble vraiment.

C'est exactement ce que je travaille avec des professionnels compétents quand la pression commence à brouiller leurs décisions.

Si ça vous parle, envoyez moi un message. On prend 20 minutes pour en parler.

Une personne vue de dos, en tailleur bleu, parle à six collègues assis autour d'une table de réunion devant un écran

Elle savait exactement ce qu'elle allait dire. Elle l'avait préparé, répété, noté sur un papier le matin même. Elle s'imaginait déjà sur le terrain en train d'exceller.

Et puis elle s'est retrouvée face au public.

Quelqu'un a regardé son téléphone, une autre personne a détourné les yeux et 2 collègues ont échangé un mot entre eux.
Des choses banales, qui se produisent dans n'importe quel échange professionnel, que ce soit en réunion, en comité ou simplement dans un couloir face à un responsable.

Mais pour elle, chacun de ces gestes voulait dire la même chose, que ce qu'elle avait à dire n'intéressait personne.

À partir de là, tout ce qu'elle avait préparé s'est effondré.
Elle n'a pas arrêté de parler, elle a continué, mais elle s'est mise à réciter comme un robot ce qu'elle avait noté sur son papier.
Il n'y avait plus d'élan, plus de chaleur et plus de conviction.
Les mots sortaient mais elle n'était plus dedans.

Ce n'est pas le stress qui l'a empêchée de parler ce jour-là.
C'est le stress qui a déformé tout ce qu'elle voyait autour d'elle, au point qu'elle ne savait plus pourquoi elle parlait ni ce qu'elle engageait vraiment en prenant la parole.

Quand elle est venue me voir, on n'a pas travaillé sur sa manière de parler. On a travaillé sur sa manière de regarder les choses telles qu'elles étaient.

Un jour en séance, je lui ai simplement demandé s'il ne lui arrivait jamais, à elle, de jeter un coup d'œil rapide à son téléphone quand quelqu'un parlait devant elle, juste pour vérifier une notification ou s'assurer que tout allait bien pour ses enfants.
Elle m'a répondu, un peu gênée, que oui, ça lui arrivait.

Je lui ai alors demandé ce que la personne qui parlait aurait pu penser si elle n'avait fait attention qu'à elle et pas au reste de l'assemblée.

Il y a eu un silence et c'est là que quelque chose a basculé.
Elle a compris par elle-même qu'elle faisait exactement ce qu'elle reprochait aux autres, qu'elle se focalisait sur un geste isolé en oubliant tout le reste de la salle.

Le jour où elle a vu ça, vraiment vu, quelque chose a changé dans sa manière d'être présente face aux autres.

Son blocage à elle c'était l'interprétation du regard des autres. Pour d'autres c'est la peur de ne pas être légitime, la difficulté à trancher devant une équipe, ou l'incapacité à dire non à sa hiérarchie. Le mécanisme est différent à chaque fois mais le point de départ est toujours le même, quelque chose empêche la personne d'accéder à ce qu'elle sait déjà.

C'est exactement ce que je travaille avec des professionnels compétents quand la pression commence à brouiller leurs décisions.

Si ça vous parle, envoyez moi un message.
On prend 20 minutes pour en parler.

Illustration d'une femme debout devant une table de réunion, une feuille à la main, face à cinq silhouettes orangées translucides aux bras croisés. Texte de l'image, La scène se joue avant d'entrer dans la pièce.

Un seul mot a changé sa façon d’informer l’équipe.

Une directrice d’agence devait annoncer à son équipe la suppression d’une prime.
Elle avait préparé son message avec soin, les mots, l’ordre et les arguments.
Elle venait me voir parce qu’elle avait peur d’entrer dans la salle malgré cette préparation.

Je lui ai demandé de me décrire la scène telle qu’elle l’imaginait.
Elle a parlé des visages de ses collaborateurs, des silences, des reproches possibles et elle a dit qu’elle allait leur imposer cette décision.
Je lui ai simplement renvoyé ce mot, imposer, en lui demandant ce qu’il disait de sa place dans la salle.

Ce qui se joue là mérite d’être compris.
Quand on prépare une mauvaise nouvelle, on imagine souvent la réaction de l’autre sous sa forme la plus dure, puis on construit ses mots pour répondre à cette réaction.
On se justifie avant qu’on nous accuse, on adoucit avant qu’on nous contredise.
Face à la véritable équipe, le ton de la scène imaginée est déjà installé et les collaborateurs entendent quelqu’un qui se défend, ce qui peut les pousser à réagir comme elle le redoutait.

Cette dame a regardé le mot qu’elle avait employé et elle a cherché elle-même celui qui lui ressemblait.
Je ne lui ai proposé aucune formulation.
Elle a choisi de dire qu’elle portait cette décision, avec ses raisons et qu’elle écouterait les réactions.
Elle m’a rapporté ensuite que la réunion avait été plus calme qu’elle ne l’avait imaginé, même si personne n’était content.

Le message n’avait pas changé, la scène dans laquelle elle le prononçait oui et l’annonce s’en est trouvée différente.

Si une décision difficile vous attend, nous pouvons regarder ensemble la scène que vous vous jouez avant d’entrer dans la pièce.
Pour un premier échange, contactez-moi.

Visuel de texte sur fond clair. La moitié des coachs mentent sur leur métier. Ce n'est pas du coaching. C'est du consulting déguisé. Alexis Foropon, coach en entreprise certifié.

La moitié des coachs mentent sur leur métier.

Ils vendent des techniques, ils promettent des méthodes et ils donnent des conseils comme si c'était leur rôle.

Ce n'est pas du coaching, c'est du consulting déguisé.

Le coaching en prise de parole, par exemple, ce n'est pas apprendre à mieux parler.

C'est faire émerger ce que la personne retient quand elle parle, ce qu'elle ne dit jamais, ce qu'elle comprend déjà mais qu'elle n'ose pas assumer ou ce qu'elle ressent depuis longtemps mais qu'elle refuse de formuler.

En séance, je ne donne aucune technique de prise de parole, je ne propose aucune recette pour mieux s'exprimer.

Je pars d'une situation réelle où la parole reste coincée. Je pose des questions sur ce moment précis, je reformule ce que j'entends, j'ouvre la discussion à de nouvelles perspectives et je fais ralentir la personne sur ce qu'elle vient de dire sans s'en rendre compte.

Et c'est là que quelque chose sort, quelque chose qui était déjà là mais qui n'avait jamais été dit.

Si tu cherches un coach qui va te donner des techniques pour mieux parler, je ne suis pas la bonne personne.

Si tu cherches quelqu'un qui va t'aider à retrouver l'accès à ta parole quand elle commence à se bloquer, peut-être.

Le coaching, c'est l'endroit où tu peux enfin dire ce que tu retiens.

Photographie en noir et blanc d'hommes en costume dans un bureau, certains tenant un appareil photo

En revoyant Forrest Gump ce week-end, une scène m’a profondément marqué. Celle où il se retrouve face à Kennedy et où, au moment de lui parler, il dit simplement qu’il a envie de pisser.

Ce moment du film est souvent traité comme une scène drôle ou absurde, moi je le vois autrement. Forrest ne cherche pas ses mots, il ne se demande pas ce qu’il devrait dire dans une situation aussi stressante. Il ne partage aucun discours appris par cœur, il dit ce qui est là, immédiatement, sans filtre, sans calcul et sans aucune stratégie.

Dans le monde professionnel, nous faisons presque toujours l’inverse. Nous préparons nos prises de parole comme des objets précieux. Nous apprenons des phrases, nous répétons des arguments, nous cherchons à produire un discours propre, cohérent, irréprochable et plus l’enjeu est fort, plus nous nous éloignons de ce qui est réellement vivant dans l’échange.

Ce que j’observe souvent, ce ne sont pas des professionnels qui manquent de choses à dire. Ce sont des professionnels qui parlent depuis un discours préparé alors que la situation appelle autre chose, un ajustement, une réponse simple et ancrée dans l’instant. À ce moment-là, la parole reste correcte, mais l’interaction s’appauvrit vraiment, le lien se tend et la présence diminue.

Les échanges les plus justes, les plus marquants et les plus solides ne sont presque jamais ceux qui ont été récités. Ce sont ceux où quelqu’un accepte de parler depuis ce qu’il perçoit réellement, ici et maintenant, sans chercher à produire la formule parfaite.

C’est là que se joue, pour moi, la qualité d’une prise de parole. Non pas dans la maîtrise d’un discours, mais dans la capacité à rester en contact avec ce qui est vivant dans l’échange, même quand le contexte est impressionnant et l’enjeu élevé.

Cette différence entre discours préparé et parole vivante est au cœur de mon travail de coach en entreprise.

Une jeune femme assise devant un ordinateur portable, dans une pièce claire. Texte de l'image, Je vais encore m'adapter, le temps que ça se calme.

Il y a une phrase que je n’ai pas relevée en séance, et je sais aujourd’hui que j’aurais dû.

Sur le moment, elle m’a semblé banale, rien d’inquiétant.
La personne parlait calmement, expliquait la situation et semblait à l’aise avec ce qu’elle racontait.

Elle disait qu’elle allait encore s’adapter, le temps que ça se calme, le temps que les choses se posent, le temps que l’environnement soit plus favorable.

Je l’ai entendue et je l’ai laissée passer.

Quelques séances plus tard, on tournait en rond.
Le travail devenait plus lent, plus flou. Et en revenant sur les échanges précédents, cette phrase est revenue très clairement.
C’était là que la personne s’était déjà mise de côté.

Mon silence, ce jour-là, n’était pas juste. Il était trop confortable, pour elle comme pour moi.

Depuis, je suis beaucoup plus attentif à ces phrases.
Pas celles qui sonnent faux, mais celles qui paraissent raisonnables. Celles qui passent bien et permettent de continuer sans toucher au vrai sujet.

Ce sont celles-là que je ne laisse plus passer.

Pictogramme d'une bouche dont un doigt demande le silence

En début de séance, beaucoup veulent être la bonne personne, celle qui a déjà réfléchi et arrive avec une demande claire, ce qui est compréhensible mais empêche souvent le travail de commencer.

Un manager arrive en disant qu’il veut mieux gérer ses réunions, il a déjà un plan, des solutions et une idée précise de ce qu’il devrait changer, et il parle vite, avec un ton assuré, comme s’il présentait déjà sa stratégie.

Je l’écoute attentivement, pas seulement pour ce qu’il raconte, mais pour la manière dont il le raconte, et je remarque qu’à l’approche d’un moment un peu tendu, sa phrase devient plus vague, comme s’il cherchait à rester du côté de l’explication plutôt que de l’engagement.

Je lui demande alors de laisser l’analyse de côté et de revenir sur une seule réunion récente, très concrète, en me donnant la première phrase qu’il a prononcée quand l’enjeu est apparu.

Il hésite, puis se rend compte qu’il a parlé pour calmer la situation plutôt que pour poser ce qu’il pensait vraiment, et en mettant des mots là-dessus, il comprend le rôle qu’il prenait sans s’en rendre compte.

À partir de là, le travail devient vraiment précis, car on ne cherche plus à améliorer les réunions mais à regarder le moment exact où il se retient.

Quelques semaines plus tard, ses réunions n’ont pas changé de format, mais ses phrases et ses décisions tiennent.

La vraie correction n’a pas été d’apprendre à mieux faire, mais d’arrêter de se détourner de ce qu’il savait déjà tenir.

Citation sur fond blanc. Entre le stimulus et la réponse, il y a un espace. Dans cet espace se trouve notre pouvoir de choisir. Viktor Frankl.

Il avait l’impression de décider.
En réalité, il réagissait.

En séance, il me parle de réunions qui s’enchaînaient, de tensions à gérer, de moments où tout allait vite et où il fallait répondre sans trop réfléchir, avec le sentiment d’être impliqué et utile, mais sans que les choses ne se posent vraiment.

Nous sommes repartis d’une situation récente et je lui ai demandé de me raconter une réunion, simplement, en reprenant ce qu’il avait dit, dans l’ordre.

Assez vite, il s’est rendu compte qu’il parlait surtout après les autres, en commençant par acquiescer, avec l’idée principale d’éviter que la tension monte.

Ce n’était pas un calcul, c’était devenu un réflexe.
Sous pression, sa parole servait avant tout à apaiser la situation plutôt qu’à poser une position claire.

Le déplacement s’est fait à cet endroit précis, dans ce moment où il sentait l’envie de répondre vite et où il a appris à prendre une seconde de plus, juste assez pour dire ce qu’il pensait vraiment, même si ce n’était pas parfaitement formulé.

À partir de là, ses prises de parole ont changé et les décisions tenaient mieux dans le temps.

Ce n’était pas une question de compétence, mais une question d’accès.

Si ce type de situations te parle, observe lors de ta prochaine réunion ce que ta parole cherche d’abord à faire quand la pression monte.

Illustration en deux parties. À gauche, une femme échange avec quatre collègues autour d'une table ronde. À droite, la même femme tient une feuille derrière un pupitre, face à une salle de spectateurs vus de dos. Légende, à cinq, des visages, à quarante, un juge.

À quarante dans la salle, elle ne parlait à personne.

Une directrice commerciale que j’accompagne parlait sans difficulté devant son comité de cinq personnes, puis perdait ses moyens à chaque convention interne de quarante collaborateurs.
Elle en concluait qu’elle supportait mal les grands groupes, et elle pensait que le nombre était le problème.

Je lui ai demandé de me décrire ce qu’elle se disait à elle-même dans chacune des deux situations.
Avec cinq personnes, elle parlait de ce qu’elle voyait, un collègue qui hochait la tête, un autre qui hésitait, et elle ajustait son propos.
Devant quarante, elle disait qu’elle parlait à la salle.

Voici ce que j’observe souvent dans ce cas.
Quand on ne peut plus suivre chaque visage, on remplace les personnes par une seule entité, la salle, que l’on imagine comme un juge silencieux.
On ne s’adresse plus à des gens que l’on connaît mais à un verdict possible, et faute de réaction à laquelle s’accrocher, on récite ce que l’on a préparé.

Si le nombre était le problème, il suffirait de s’habituer à parler devant du monde.
Si le problème est la disparition des visages, la question se pose autrement.
Elle a constaté qu’elle manquait de quelqu’un à qui parler plus que de courage, et elle a cherché à partir de là ce qu’elle voulait faire de cette salle.

Je ne lui ai indiqué aucune méthode.
Elle a trouvé sa façon, avec ses mots, de choisir quelques personnes à qui s’adresser tout en parlant à l’ensemble.

Si cette différence entre cinq et quarante vous interpelle, vous pouvez me contacter depuis ma page de contact, nous en parlerons.

Illustration d'un homme en costume bleu qui pousse une porte et entre dans une pièce chaleureuse avec deux fauteuils et deux tasses. Légende, pousser la porte ne vous engage à rien.

Il m’arrive de refuser un accompagnement.

Voici comment se déroule concrètement un premier échange avec moi.
Je commence par demander ce que la personne a déjà essayé, beaucoup ont lu des livres ou suivi des vidéos et s’excusent presque de ne pas y être arrivées.
Cela n’a rien d’étonnant, car ces méthodes s’adressent à tout le monde, alors que la difficulté de chacun a une forme bien précise, liée à sa place, à ses interlocuteurs et à ce qu'il ou elle redoute.

Un dirigeant à qui j’ai posé cette question est arrivé avec une liste de formations suivies et au bout de vingt minutes, ce qui ressortait de ses réponses n’était pas un manque de technique mais un moment précis, la première phrase qu’il prononçait devant son comité de direction.
Il l’a vu de lui-même en m’entendant lui renvoyer ses propres mots.

Pendant cet échange, je ne donne pas de conseils, je pose des questions et je renvoie ce que j’entends.
Je dis aussi directement si ce que la personne cherche ne correspond pas à mon accompagnement, par exemple si elle attend une formation ou un résultat précis en une séance. Mon accompagnement sur la prise de parole dure trois mois, à raison d’une séance toutes les deux semaines, parce que ce que l’on change dans sa façon de communiquer demande du temps pour devenir durable, et je ne le propose pas à l’heure.
Je ne vends pas de la restauration rapide à base de tapas et de frites.

Si votre entreprise finance votre accompagnement, la prestation peut lui être facturée, et tout ce qui se dit entre nous reste confidentiel.
Vous pouvez demander un premier échange depuis ma page de contact.

Portrait d'Alexis Foropon en fauteuil roulant, la main levée vers sa montre, avec la légende ma différence est devenue une façon d'échanger.

Enfant, je disais bonjour à ceux qui me fixaient.

Je suis né avec un lourd handicap, je me déplace en béquilles, avec une jambe droite toute tordue, et parfois en fauteuil roulant.

J’ai reçu beaucoup plus de regards que la moyenne, et ça, dès l’enfance.

Les enfants regardent sans filtre et disent ce qu’ils pensent, certains se moquaient donc de moi et imitaient ma façon de marcher.
J'avoue que cela m'a fait de la peine étant petit.
Pourquoi ces regards sans cesse ?
Pourquoi ces moqueries ? Je n'ai rien fait de mal !
Au fil des années, j'ai fini par ne plus leur accorder le moindre regard.

Il existe des personnes bienveillantes, des personnes curieuses et des personnes moqueuses.
Il y a tellement de monde sur cette planète qu'il nous est possible de faire le tri.

Face aux personnes qui m’observaient, j’ai pris l’habitude, très jeune, de leur dire bonjour le premier et de leur demander si elles allaient bien.

Leur visage changeait souvent, l’air froid et confus laissait place à un sourire et la discussion commençait.

Elles me demandaient ce qui m’était arrivé et pourquoi je marchais de cette manière.
Je leur expliquais les choses et elles comprenaient.

Ma différence est devenue une façon simple d’échanger.

Avant d’entrer dans une pièce, je me répétais que cette différence était une qualité, parfois difficile à vivre, mais bien réelle.

Les regards ont cessé de me peser à l’adolescence.
Adulte, j’ai pris la parole devant de nombreuses personnes.
Aujourd’hui, je distingue la personne que je suis du public qui m’entoure.

Les personnes que j’accompagne parlent souvent du regard d’une salle, d’un comité ou d’une équipe. Je n’ai pas de recette à leur donner, chacune trouve la sienne et mon activité est, justement là, pour vous amener à trouver de quelle manière atteindre votre objectif.
Parfois, des personnes souhaitent parler posément quoiqu'il arrive, d'autres aimeraient être moins impactées par ce qu'elles croient que les gens pensent en face d'elles. La recette magique n'est pas faite de tomates et de chorizo, elle est faite d'écoute, de dialogues et d'empathie.

Si le regard de la salle vous pèse, vous pouvez demander un premier échange depuis ma page de contact.

Illustration d'un homme qui attend à l'entrée d'un bureau pendant qu'une dirigeante travaille sur son ordinateur. Légende, une demande est entendue à la taille qu'on lui donne.

Je voulais juste vous demander cinq petites minutes.

Cette phrase ressemble à de la politesse. Pourtant, avec les mots "juste" et "petites", j’annonce déjà que ma demande ne vaut pas grand-chose, et on me répond souvent en conséquence.

J’entends ces mots chez des personnes extrêmement compétentes, qui craignent parfois de déranger ou de paraître exigeantes.

Quel petit mot vous arrive-t-il de placer dans une demande qui compte pour vous ?

Ma page de contact est juste là pour un premier petit échange.

J’en fais trop ? Oui je sais 😁

Illustration d'un homme qui s'adresse à une caméra sur trépied, devant trois collègues assis qui semblent s'ennuyer. Légende, une caméra ne réagit jamais, une équipe si.

Parler comme à la télé, mauvaise idée...

Un client était très sûr de lui à chaque prise de parole et bien dans sa manière d’échanger.

Il est venu me voir car il sentait que les personnes de l'entreprise étaient de moins en moins réceptives à ses propos.

Je lui ai fait remarquer qu’il avait l’air très à l’aise pour parler, alors qu’il me disait sentir les gens moins réceptifs, puis je lui ai demandé comment il expliquait cela.

Il a trouvé lui-même la réponse, un peu gêné, en disant que ses propos devaient être trop lisses, comme une émission de télé qui ennuie, vous savez celles qui passent à 2h du matin, comme chasse et pêche.

Je lui ai alors demandé à qui il ressemblait quand il parlait, et après quelques secondes de réflexion, il m’a répondu qu’il était comme un présentateur télé avec peu d’audience.

Il m'a dit que ça l’avait surpris et même fait un peu mal d'ouvrir les yeux là-dessus.

Un présentateur parle d’abord à une caméra, qui, elle, ne réagit jamais, alors qu’une équipe réagit constamment.

Je l’ai ensuite enregistré à plusieurs reprises pendant qu’il simulait une prise de parole, afin qu’il s’entende parler.

Je ne lui ai pas dit ce qu’il devait changer dans sa façon de parler.

Il a moins préparé ses prises de parole, il a ralenti son débit et a laissé plus de silences, pour faire place à une question ou à une correction éventuelle.

Plusieurs personnes lui ont dit que c’était plus humain, et certaines lui ont dit en riant que Robocop, ça va un moment, mais pas tous les jours.

Ses prises de parole ont de nouveau provoqué des questions, des prises de position et des échanges constructifs.

Si vos propos sont clairs mais que vos équipes réagissent peu, vous pouvez demander un premier échange depuis ma page de contact.

Illustration d'une femme qui réfléchit, la main au menton, devant une rangée d'ampoules dont la dernière est éteinte. Texte, huit et demi sur dix, qu'est-ce qui manquait ?

Je demande ce qui aurait donné le dix.

Il arrive qu’une personne me donne une note pour sa dernière prise de parole, par exemple huit et demi sur dix.
Je lui demande alors ce qui lui aurait donné le dix tant convoité.

Sa réponse m’apprend ce qui compte pour elle, bien plus sûrement que tout ce que je pourrais deviner à sa place.
Ce qu’elle nomme est à elle, je n’y ai rien mis, et c’est pour cette raison qu’elle l’entend. Une note de huit et demi dit surtout qu’il manquait quelque chose, et cette question permet à la personne de le nommer elle-même.

Cette question me sert aussi à comprendre l’appréhension qui précède ces prises de parole.
Beaucoup de formations assurent la faire disparaître comme par magie.
De mon côté, je ne le promets à personne et je n’y crois pas du tout.
Elle apparaît parce qu’il y a quelque chose en jeu, et le dix dont parle la personne dit justement de quoi il s’agit.

Tant que ce quelque chose n’est pas dit clairement, l’appréhension reste une sensation désagréable dans le corps, que l’on cherche à faire taire.
Une fois nommée, elle change de statut, car elle indique à la personne l’endroit où se trouve ce qui compte pour elle.
La même sensation, un cœur qui accélère, un souffle plus court, des mains moites, ressemble d’ailleurs beaucoup à celle de l’excitation avant un moment important, et la lecture que l’on en fait modifie l’élan qu’elle donne.

Mon travail consiste à aider la personne à savoir de quoi parle ce qu’elle ressent, puis elle décide elle-même de ce qu’elle en fait.

Une appréhension que l’on ne cherche plus à faire taire finit par mettre en lumière ce qui mérite d’être dit.

Si l’appréhension avant une intervention vous freine, vous pouvez demander un premier échange depuis ma page de contact.

Illustration d'un homme debout au bout d'une table de réunion, entouré de silhouettes bleutées de collègues. Légende, le verdict est déjà tombé.

Aucune règle n’interdit de parler ici.

Quand une personne me dit qu’elle n’ose pas parler en réunion, je lui demande ce que les autres vont penser d’elle.
Elle me répond souvent avec une précision impressionnante, comme si la salle avait déjà réagi.

Cette précision m'intéresse énormément.
Personne n’a encore parlé, personne n’a fait la moindre remarque, et le verdict est déjà tombé, avec ses regards, ses soupirs et ses petites phrases.
La personne s’adresse alors à une salle qu’elle a construite seule, et elle se tait devant des collègues bien réels qui n’ont encore rien pensé du tout.

Ce que je cherche à ce moment, c’est de lui faire voir d’où vient ce verdict.
Il m’arrive de lui demander qui devrait l’autoriser à parler.
Je ne lui dis pas quoi en penser, je n’ai pas de méthode toute faite à lui donner, car celle qui convient à une personne pourrait déplaire à une autre.

Un moment revient dans mes séances, celui où la personne prend un papier et un stylo, puis note ce qu’elle vient de comprendre de sa manière de penser, pour ne pas oublier ce déclic.
Elle écrit elle-même une règle qu’elle ne connaissait pas, et c’est ça qui compte, car une règle que l’on a écrite peut se relire, se garder ou se corriger avec le temps.

Aucune règle n’interdit de parler dans bien des réunions.
Celle qui retient vraiment la personne a été rédigée dans sa tête, souvent même sans qu’elle ne s'en rende compte.

Si une règle que personne n’a écrite vous retient de parler, vous pouvez demander un premier échange depuis ma page de contact.

Illustration d'une femme debout face à cinq collègues assis autour d'une table de réunion, qui la regardent en silence. Légende, trois secondes de silence, trois lectures.

La salle ne vous a pas encore répondu.

Dans Retour vers le futur, Marty termine son joli solo de guitare au bal du lycée et la salle reste totalement figée.
Il prend ce silence pour un refus, il en conclut que le public n’est pas prêt et il quitte la scène en disant que leurs futurs enfants, eux, adoreront ça, alors que personne ne l’a rejeté.

Une scène assez similaire se joue dans pas mal de réunions, quand vous demandez, après avoir parlé, s’il y a des questions et que personne ne répond.
Pendant les secondes qui suivent, vous voyez, très souvent, ce silence de la façon qui vous inquiète le plus, comme un désintérêt ou encore un désaccord.
Pourtant, quelqu’un cherche peut-être simplement comment formuler sa question.

Ce qui retient mon attention dans ces secondes, c’est ce que le corps fait bien avant que quiconque ait répondu.
Il m’arrive d’entendre des personnes que j’accompagne me décrire une voix qui monte à la fin de la question, comme pour demander la permission de ne pas en recevoir.
D’autres me parlent d’une précision que personne n’attendait et qui arrive aussitôt, ou d’une main qui reste posée sur la jolie souris, comme si elle était collée, prête à fermer l’écran.
Chacun de ces gestes indique à la salle que la question n’est pas vraiment attendue, et la salle en déduit qu’il vaut mieux se taire.
Pour les voir, il peut être utile d’enregistrer votre prochaine présentation et de regarder ce que font votre voix, vos mains et votre regard entre la question et la première réponse.

De mon côté, je m’intéresse à ce que la personne imagine que la salle pense à cet instant, car c’est cette image qui commande le geste, et l’un des signes que le travail avance est le jour où elle accepte ces secondes de silence sans chercher à les combler.

Si ces secondes vous semblent plus longues que les autres, vous pouvez demander un premier échange depuis ma page de contact.